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picto INTOXICATION AU SENECON DE JACOB

En raison de la toxicité mortelle du Seneçon, il est important de savoir reconnaitre la plante responsable dans les prés ou dans le fourrage, et de prendre les mesures nécessaires le cas échéant.


SENECON DE JACOB

Le Seneçon (Seneçon de Jacob ou Seneçon du Cap) est une plante herbacée vivace à fleurs jaunes, facilement reconnaissable. Elle mesure de 50 à 120 cm de haut, présente le plus souvent une tige droite avec un "bouquet" de petites fleurs jaunes au sommet de la tige (floraison de juillet à septembre). Le Seneçon est une plante très invasive, très résistante à la sècheresse et au froid, elle envahit progressivement les prés et champs.

 


L'intoxication se fait suite à l'ingestion du Seneçon dans le pré (toutes les parties de la plante sont toxiques), ou alors séchée dans le foin (la plante est plus appétente séchée). Les chevaux la consomment volontiers, surtout lorsqu'elle est en fleurs, en plein été.

La toxicité du Seneçon est due à la présence d'alcaloïdes pyrrolizidiniques qui sont hépatotoxiques.

La toxicité est dose dépendante, c'est-à-dire qu'elle se manifeste suite à l'ingestion cumulée d'une certaine quantité de Seneçon, suite une période variable. La dose mortelle correspondrait à environ 3% à 5% du poids du cheval (soit 15 à 25 Kg pour un cheval de 500 Kg). L'intoxication est donc possible avec l'ingestion de 50 à 300g/j pendant 7 à 8 semaines, ou alors d'une quantité moindre sur une période plus longue .

 

Le plus souvent, l'intoxication est chronique : les signes cliniques n'apparaissent que plusieurs mois après l'ingestion, et parfois même quand le cheval n'est plus en contact avec la plante.

Les signes cliniques possibles sont ceux d'une insuffisance hépatique :

              - amaigrissement chronique, léthargie et baisse d'appetit ou anorexie

              - coliques récidivantes et ictère (muqueuses jaunes), ataxie

              - photosensibilisation en été

              - signes d'encéphalose hépatiques au stade terminal, et mort

 

Le pronostic dépend de la quantité de Seneço ingérée par rapport au poids du cheval et à la sensibilité de celui ci, mais il est toujours très réservé (environ 60% de mortalité). Les chevaux qui survivent suite à une intoxication au Séneçon ont en fait généralement présenté des signes cliniques modérés, et si leur pronostic vital est préservé, leur pronostic sportif est souvent mauvais (intolérance à l'effort...)

 

Il n’y a pas de traitement réellement efficace, les lésions hépatiques sont irréversibles. Leur gravité dépend de la quantité ingérée.

Seul un traitement symptomatique peut être mis en place : modification de l'alimentation (riche en glucides et pauvre en protéines), fractionnement des repas, drainant hépatique, perfusions...

Le seul traitement efficace est la prévention : bilans sanguins biochimiques de tous les chevaux ayant pu être en contact avec la plante, et surtout l'arrachage systématique de tous les plants quel que soit le stade de végétation.

 

L’arrachage
Il faut absolument prévenir l’ingestion du séneçon par les chevaux. Le moyen le plus efficace à ce jour est l’arrachage systématique de chaque pied dans les patures et les parcelles destinées à la récolte du foin. L’arrachage doit s’effectuer au stade de jeune plantule ou à la floraison, mais doit être évité en période de fructification où la manipulation de la plante provoquerait la dissémination des graines. 
Pour éviter l’arrivée puis extension du séneçon, il faut entretenir les prairies. Il faut limiter le surpâturage et semer les pâture avec du raygrass anglais ou du trèfle blanc qui, par leur fort pouvoir de recouvrement, limitent l’installation des séneçons.

Pour les patures  très envahies, l'utilisation de désherbants sélectifs contre les Dycotylédones peut être envisagée, bien que pas toujours efficace. Il faudra attendre alors minimum 15 jours avant la réintroduction des chevaux.

 


L'intoxication au Seneçon peut être mortelle pour les chevaux, d'autant plus que lorsque les premiers signes cliniques apparaissent, les lésions hépatiques sont déjà installées et irréversibles.

Le moyen le plus efficace d'éviter l'intoxication est la prévention, qui consiste à dépister la plante dans les prairies et l'éradiquer complètement.